Un premier buzz autour du monitoring
Dans le monde du monitoring, les annonces fracassantes ne sont pas légion. Tout au plus peut on se mettre sous la dent quelques articles stigmatisant la mauvaise disponibilité de sites tels que voyage-sncf.com. Soit dit en passant : 30h de plantage à la veille des départs en vacances du premier week-end d'août, tout de même, il fallait le faire! Pourtant, l'affaire a tout juste provoqué quelques vaguelettes, sans commune comparaison avec le buzz suscité par la mauvaise uptime de Twitter...
Imaginez qu'en raison d'une disponibilité perfectible – aux environs de 98% depuis le début de l'année – la révolte a grondé dans les réseaux sociaux américains, à tel point que certains utilisateurs du célèbre service gratuit de micro-blogging ont même manifesté leur mécontentement, en créant et référençant des sites stigmatisant son indisponibilité! Istwitterdown.com ou whentwitterisdown.com – parfaitement inutiles – ont ainsi notamment vu le jour. Mieux, techcrunch.com s'est fendu d'une vidéo très virale, qui revisite une des scènes du film La Chute (der Untergang).
Ce que je trouve extraordinaire ici, c'est que ce buzz est monté, d'une part sur le dysfonctionnement d'un service (et non sa fiabilité), et d'autre part par ses utilisateurs (et non par une agence de pub)... c'est très fort! Le capital sympathie de Twitter est tel que plutôt que de se tourner vers la concurrence, ses fans ont fait mousser le web jusqu'à obtenir de leur titi préféré qu'il soit toujours disponible pour eux. Chapeau! Moralité, quand un service est (presque) unique et excellent, il n'est pas forcément besoin de dépenser de l'argent pour le promouvoir. Les clients s'en chargent.
Vers un monitoring Android ?
Avez-vous remarqué à quel point on est prompt, outre-atlantique, à enterrer l'iphone d'Apple ? Encensé, fantasmé, le téléphone mobile à la pomme serait, à en croire la blogosphère, sur le point de se prendre une monumentale veste avec le débarquement annoncé du premier Google Phone. Et si c'était vrai? Et si l'histoire se répétait ?
De la même manière que son révolutionnaire ordinateur Macintosh, Apple a livré – on pourrait dire commis – un téléphone mobile sous contrôle, fonctionnant en presque autarcie, avec des possibilités de développement applicatif limitées. Or, vous souvenez-vous de ce qui arriva quand Windows 95 débarqua sur le parc de PC de la planète ? Les parts de marché d'Apple furent rapidement réduites à la portion congrue.
Aujourd'hui encore, les ordinateurs d'Apple ne représentent qu'une poignée de pourcents du marché de la micro. Bref, Windows tua le Macintosh, sans que Microsoft ne fabrique pourtant le moindre PC! Personnellement, je trouve cocasse que Google, avec son Linux Android pour téléphone se retrouve, 20 ans après, dans les mêmes habits de Microsoft!
Ce qui nous intéresse chez Pingwy, ce n'est pas tant que le ver soit dans la pomme – et provoque la déroute de l'Iphone – que les perspectives inhérentes à l'utilisation d'un système d'exploitation open source – Android donc – dans un téléphone mobile. Qui plus est s'appuyant sur les incontournables services web de Google! C'est vertigineux...
Car qui dit Linux, dit développement libre d'applications. Bien que ce point reste à confirmer – restons méfiants – on peut néanmoins imaginer une utilisation totalement novatrice de nos téléphones mobiles. En l'occurrence s'en servir comme sondes de monitoring. Le web étant à l'évidence appelé à être navigué depuis nos téléphones, il n'est pas idiot d'imaginer mesurer l'uptime de sites et services au travers, non plus de sondes fixes, mais de points de contrôles mobiles connectés via les réseaux des opérateurs ou par le biais de bornes wifi . On y pense très très fort et on vous tiendra au courant de nos réflexions... et développements.
L’obsession du 9
Aujourd'hui, c'est de taux de disponibilité dont nous allons parler. Le fameux uptime en anglais dans le texte. Si cela ne vous dit rien, je vous encourage à jeter un coup d'oeil sur les pages wikipedia consacrées au sujet, en anglais ici et en français là. L'uptime de votre site, c'est donc le temps pendant lequel, sur une période donnée, celui-ci est en ligne et aisément navigable. L'uptime est exprimé en pourcentage et, fort logiquement, plus sa valeur est proche de 100% et meilleure est, d'une part la visibilité d'un site et, d'autre part, sa productivité.
Lorsque j'écris que sa valeur doit être proche de 100%, c'est même une question de décimales... Autant le dire toute de suite, il n'y a pas de quoi pavoiser avec un taux de 99%... Ne roulez pas des yeux : à 99% de disponibilité annuelle, un site est invisible pour ses clients et ses collaborateurs pendant près de 4 jours. On est donc bien loin de la perfection qu'inspire cette paire de neuf accolés! D'ailleurs, outre-atlantique, il est souvent question du mythe des five nines.
A l'instar de celui des cinq zéros de Toyota (souvenez-vous : 0 défaut, 0 stock, 0 délai, 0 panne, 0 papier), ce mythe veut que pour être véritablement performant, un système informatique doit être disponible à 99,999 %. De prime abord, on peut penser que chercher à atteindre ces five nines revient à couper les cheveux en quatre (ou en neuf)... Que nenni ! Même Google confesse qu'une demi-seconde (0,5 s!) de temps supplémentaire à afficher les résultats des recherches de ses utilisateurs, provoque une perte de trafic de l'ordre de 20%. La rançon du succès sans doute.
Plaisanterie mise à part, ce cas d'école met en relief l'importance des temps d'accès et de chargement des pages web. Si 20% des utilisateurs de Google - qui est en situation de monopole - quittent son site parce qu'il ralentit, qu'en est-il des clients des e-marchands, confrontés eux à une concurrence féroce ? La réponse semble évidente.
Et vous, quel est votre uptime ?
L’aveugle confiance des e-commerçants
Croyez-le ou non, mais le marché de l'e-commerce français voue une confiance quasi illimitée à son système d'hébergement, notamment en ce qui concerne la disponibilité de ses sites Internet. C'est le constat que - contre toute attente - nous avons dressé au terme d'une campagne de télé-sondage, réalisée au cours de l'été. Etonnant non ?
Personnellement, cela me laisse perplexe. Car tout de même : le français, révolutionnaire dans l'âme, contestataire par nature, sceptique par excellence, mais persuadé que son hébergeur l'avertit dès lors que son site commerçant n'est plus en ligne...
Quelque chose cloche, vous ne trouvez pas ?
Et pourtant... Au plus fort de l'été donc, nous voilà téléphone à l'oreille, à questionner un panel de boutiquiers convertis aux joies de la vente en ligne. De manière récurrente, nous demandons à nos interlocuteurs si leurs sites web font l'objet d'une surveillance continue de leur disponibilité, voire de leurs performances. Dans 92% des cas, la réponse est invariablement : « oui, mon hébergeur me propose ce service et mon site est toujours disponible ». Chez Pingwy, nous nous disons qu'un gigantesque travail d'évangélisation reste à faire.
Pour celles et ceux qui auraient un doute, levons immédiatement toute ambiguïté : les hébergeurs n'ont que très peu d'intérêt à monitorer les sites de leurs clients et à fournir à ces derniers des rapports de surveillance. D'ailleurs, rares sont ceux qui jouent la carte de la transparence. Et pour cause, envisagée au travers du prisme juridique, la communication d'un document émanant de l'hébergeur lui-même et engageant sa responsabilité dans le plantage du site de son client pourrait, à n'en pas douter, avoir des conséquences financières pour le moins pénibles. En effet, quel e-commerçant se priverait de demander réparation du préjudice lié à l'indisponibilité de son site, ne serait-ce qu'une heure un 23 décembre ? Vraisemblablement 92% d'entre eux me direz-vous.
Aussi convenait-il de se poser la question : à quoi tient cette confiance aveugle, qui pousse à la confusion entre les statistiques de trafic fournies par les hébergeurs et nos rapports de monitoring ? A bien y réfléchir, les hébergeurs ne jouissent-ils pas d'une confiance par procuration ? Je m'explique. La grande majorité d'entre eux élaborent leur site d'e-commerce en collaboration étroite avec une web agency, laquelle bénéficie d'un capital confiance naturel. Normal : voir se concrétiser dans la fenêtre d'un navigateur le projet de plusieurs mois ou années, tout en belles images, il y a de quoi être (très) euphorique. Et lorsque le site fin prêt est transféré à l'hébergeur, la confiance placée dans la web agency l'est aussi.
Et pourtant... 71% de ceux qui avaient répondu se reposer sur leur hébergeur et n'avoir aucun problème de disponibilité étaient en réalité bien mal lotis. Peu convaincus par leurs réponses, nous les avons monitorés (gracieusement) pendant quelques semaines, le temps de nous apercevoir que leurs sites présentaient une disponibilité voisine de 90%, avec des temps de réponse et de chargement qui nous laissent encore pantois. Un rapide calcul permet d'évaluer la perte de chiffre d'affaires cumulée sur une année à... plusieurs semaines! Le prix de la confiance?

de blogs, je suis tombé sur une impressionnante liste de 


