Monitoring et réseaux sociaux

8oct/090

La marque Ralph Lauren victime du Streisand Effect

ralph-laurenC’est l’histoire d’un Photoshop disaster qui tourne mal. Du nom du site éponyme, un Photoshop disaster est une photo retouchée à l’excès sous Photoshop, dont le résultat caricatural prête à sourire. Ou tout au contraire…

Lors d’une récente campagne de publicité, la marque Ralph Lauren a diffusé l’affiche d’un mannequin « anorexisé ». Mauvaise pioche! Reprise sur le blog photoshopdisasters, l’image a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, notamment un passage chez Perez Hilton, agrémentée évidemment de commentaires négatifs.

L’affaire serait banale – et certainement rapidement oubliée – si Ralph Lauren n’avait pas réagi à l’ancienne, en lançant une meute d’avocats aux basques du site photoshopdisasters. Et de son FAI.

Résultat, le tout Internet s’émeut de la manoeuvre et l’affaire devient un buzz négatif, bien plus difficile à contrôler et préjudiciable désormais à l’image de marque de Ralph Lauren. Les retweets pleuvent et ça digg à tout va outre-Atlantique. A tel point qu’un nouveau verbe est inventé pour l’occasion : to ralph lauren , qui signifie ruiner une photo. Bref, la catastrophe!

Tout ce pataquès aurait pu être évité si Ralph Lauren avait eu connaissance du Streisand effect…

En effet, il y a quelques années, l’actrice et chanteuse Barbra Streisand, irritée par la publication d’une photographie aérienne de sa demeure californienne – dans le cadre d’un inventaire du littoral côtier de l’état – avait demandé 50 millions de dommages et intérêts, ainsi que le retrait de ladite photo à l’auteur du cliché et au site pictopia.com. Résultat : 420 000 internautes avaient visité le site web le mois suivant. Et la fameuse photo illustre depuis un article sur Wikipedia!

Moralité, lorsqu’on est une marque respectable et que l’on commet une photo politiquement incorrecte, le mieux est certainement de faire profil bas. Et nul besoin de connaître le Streisand effect pour agir de la sorte : un peu de bon sens suffit!

EDIT 9/10 : Ralph Lauren vient de faire son méa-culpa en se fendant d’un communiqué bref  (source du texte original en anglais):

Pendant plus de 42 ans, nous avons bâti une marque basée sur la qualité et  la probité. Après enquête, nous avons appris que nous étions responsables des retouches numériques de mauvaise qualité qui ont produit une image pour le moins déformée d’un corps de femme. Nous avons traité ce problème et nous prendrons à l’avenir les précautions nécessaires pour nous assurer que le niveau de notre travail artistique soit en adéquation avec l’image de notre marque.

Cette réaction a pour mérite d’exister, mais est un peu faible au regard de la bronca dans les réseaux sociaux (Twitter notamment). Ralph Lauren ne commente pas son erreur de stratégie (recours immédiat à ses avocats) et ne présente aucune excuse réelle. Une stratégie bien faible qui ne risque pas d’améliorer l’image de la marque. Espérons au moins qu’une attention particulière sera portée aux futurs clichés commerciaux. Une surveillance citoyenne est-elle en train de naître via les réseaux sociaux ?

Post to Twitter Post to Facebook

Billets similaires :

A propos de Tristan

Communication manager chez Pingwy Monitoring
Commentaires (0) Trackbacks (0)

Aucun commentaire pour l'instant


Laisser un commentaire


Aucun trackbacks pour l'instant