Obliger Google à dénoncer ses blogueurs : est-ce vraiment une bonne idée ?
Insultes et diffamation, d'ici peu on ne pourra plus dire tout et n'importe quoi sur Internet, sans risquer d'être démasqué. D'ici peu, car une décision de justice américaine vient tout juste de contraindre Google à révéler le nom d'un blogueur dont les billets portaient atteinte à la réputation d'un mannequin célèbre.
Liskula Cohen, dont le visage et la plastique sont connus des lecteurs de Vogue ou de Elle, s'en est remise à la justice pour faire plier Google. Le blog incriminé étant hébergé sur sa plateforme Blogger, et compte tenu de la politique de non délation de Google, ester en justice était donc le seul moyen d'obtenir l'adresse IP, sinon l'identité du blogueur.
Cette décision ne remet évidemment pas en cause la liberté d'expression, mais elle expose davantage celles et ceux qui en abusent et versent dans la diffamation à des poursuites judiciaires. Davantage mais pas énormément. Comme pour la loi Hadopi sur le téléchargement illégal, certains internautes peu précautionneux se feront prendre, alors que d'autres plus malins feront en sorte de se mettre à l'abri de toute poursuite.
Comme dans l'affaire des commentaires insultants sur Youtube et Dailymotion à l'encontre de la Secrétaire d'état chargée dela Famille et de la Solidarité, Nadine Morano, il est même probable que d'autres blogueurs, parfaitement "anonymisés" ceux-là, prendront le relai du blogueur condamné et feront pleuvoir un flot d'insultes sur Liskula Cohen.
Tout cela pour dire qu'en pleine heure de gloire des réseaux sociaux et des moteurs de recherche en temps réel, il est certainement plus sage de tenter une conciliation plutôt que d'engager un bras de fer juridique, surtout si celui-ci oppose une entreprise ou une célébrité à un quidam.
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25 août 2009
Le Web n’est pas un état de non droit. Google n’a pas dénoncé, mais répondu à une décision de justice. Il faut assumer ses insultes.