Monitoring et réseaux sociaux

12juin/092

Hadopi, Loppsi 2 : l’état a t’il vraiment les moyens de mettre des mouchards dans nos ordinateurs ?

imgpoint20070622_7951291_2Le Conseil constitutionnel a donc tranché : le principe d’une sanction des internautes par une autorité administrative ne saurait être légal. C’est à la justice et à elle seule que reviendra de sanctionner les internautes coupables de téléchargement illégal. Voire ainsi de prononcer la suspension de leur abonnement.

Conséquence, l’autorité admnistrative devra apporter la preuve des téléchargements et de leur illégalité, à des magistrats pas nécessairement formés – ni équipés – pour apprécier la validité de ces éléments. Cela implique une saisie systématique du disque dur chez l’internaute et le recours obligatoire à des experts pour les tribunaux. Bref, une belle et très onéreuse pagaille, prompte à asphyxier un système justiciare déjà exangue.

Dans ces conditions, le citoyen lambda aura nécessairement bien moins peur de cette loi Hadopi et continuera de télécharger illégalement. Or la peur était certainement le principal ressort de cette loi.

Pour autant, la loi Hadopi n’est peut être pas tout à fait morte. Reste en effet la « simplification des procédures de contrôle par les services de l’Etat des logiciels intégrant des mesures techniques permettant le contrôle à distance de fonctionnalités ou l’accès à des données personnelles », mesure qui sera certainement clarifiée avec la loi sur la sécurité intérieure, Loppsi 2. En clair, il s’agit de la possibilité d’installer librement des mouchards sur les ordinateurs des internautes français.

Là encore, la mise en application à grande échelle d’une pareille mesure va se heurter des problèmes techniques. Un logiciel espion, fut-il créé par un service spécialisé de l’Etat, s’apparente nécessairement à celui créé par un hacker. L’Etat va donc devoir s’escrimer à mettre au point des chevaux de Troie – les mêmes qui pulullent sur le web – qui devront (tenter de) déjouer les mécanismes de détection et d’éradication des logiciels anti-virus. Et là, ce n’est pas gagné d’avance.

Comme le craignent certains experts en terrorisme, faire de la surveillance systémique va inciter tous les internautes à recourir à un système de cryptage du moindre octet de données. Et dans ces conditions, il ne sera vite plus possible de surveiller quoique ce soit. La belle affaire.

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A propos de Tristan

Communication manager chez Pingwy Monitoring
Commentaires (2) Trackbacks (0)
  1. Depuis la levée de boucliers opportunistes avant les Jeux olympico-marketing de Pékin, en passant par la polémique estivale concernant le projet de loi EDVIGE, jusqu’au deux célébrités du moment HADOPI la vénale et LOPSI 2 la masochiste, jamais le débat sur la coexistence entre la liberté préfabriquée d’un côté et la sécurité commercialisable de l’autre n’a été aussi âpre.
    Et pour cause, avec internet nous assistons à une mise à jour intégrale de la lutte bipolaire entre liberté gratuite et sécurité à crédit.
    Par exemple, avec la généralisation des technologies de l’information de la communication (TIC) dans la pratique culturelle et le comportement social des usagers ; ceci allant du totalitarisme des blogs aux niches communautaires.
    La suite ici :
    http://souklaye.wordpress.com/2009/05/29/autopsie-a-ciel-ouvert-la-liberte-et-la-securite-a-l’ere-du-numerique-ou-du-gadget/


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